La position économique de la France en Europe

Pour comparer l’efficacité des économies, on peut utiliser l’évolution du niveau de vie des habitants, mesuré par le produit intérieur brut par habitant. Cette mesure est imparfaite, puisqu’elle définit la richesse comme matérielle et qu’elle ne prend pas en compte ni les conséquences négatives que le développement économique peut engendrer, ni des éléments sur la sécurité dont bénéficient les habitants d’un pays, ni sur les inégalités de revenus ni sur les nuisances d’une pollution ou la dégradation de l’environnement. Cet indicateur quantitatif permet pourtant des comparaisons internationales.

Une moindre croissance relative de la France

Selon Eurostat, organisme officiel statistique européen, dans la version de 2002, le classement de la France en PIB par tête se serait détérioré par rapport aux autres pays européens de 1992 à 2000. Même si ce type de mesure est fragile, car sensible au calcul des parités de pouvoir d’achat, il attire l’attention sur la dégradation de la situation de la France de 1992 à 2000, et essentiellement de 1992 à 1997. Depuis, sa position a plutôt tendance à s’améliorer.

Les différences de croissance démographique entre les pays sont suffisamment faibles pour être négligées et les taux de croissance relatifs du PIB confirment l’érosion de la position de la France. Sur la période 1992-2000, l’accroissement du PIB allemand et français a été inférieur de près de deux points à la moyenne européenne. Cet écart s’est creusé essentiellement durant la période 1992- 1997. Contrairement à l’Allemagne, la France a compensé une partie de son retard, avec une croissance supérieure d’un point à la moyenne européenne entre 1998 et 2000.

L’Italie a connu également une croissance inférieure à la moyenne européenne et les deux tiers de cette perte relative de croissance ont eu lieu entre 1998 et 2000. En revanche, de 1992 à 2000, le Royaume-Uni, dispensé de la convergence vers les critères de Maastricht, a eu une croissance forte et a amélioré sa position relative.

Une politique économique peu contraignante

Cet appauvrissement relatif de la France et de l’Allemagne résulte principalement de la politique économique conduite depuis le début des années quatre-vingt-dix. Le choc de la réunification a provoqué une résurgence de l’inflation qui a été combattue en Allemagne. En France, la priorité a été donnée à la désinflation compétitive et à l’ancrage sur le mark allemand. La lutte contre l’inflation a ainsi pesé lourdement sur la croissance française en lui imposant une rigueur justifiée par l’ancrage sur la politique allemande. De 1990 à 1997, les taux d’intérêt réels ont été supérieurs à la croissance.

La convergence préparatoire à l’introduction de la monnaie unique a contraint la politique budgétaire des pays membres jusqu’en 1997. Le désendettement public a nécessité d’augmenter les prélèvements obligatoires amputant la croissance du PIB. Les marges de manœuvre budgétaires perdues ont en partie porté leurs fruits par la suite. Ainsi, la prime de risque sur les taux d’intérêt a été réduite, allégeant les finances publiques et réduisant le coût du capital pour les entreprises. De 1997 à 2000, la France a enregistré la plus faible inflation des grands pays d’Europe, la plus forte croissance et, en même temps, le plus important excédent de la balance courante.

De 1998 à 2000, la politique spécifique de soutien de l’activité et de l’emploi menée en France a stimulé la croissance et a réduit l’écart avec ses partenaires. L’objectif fixé au sommet de Lisbonne en mars 2000, c’est-à-dire l’augmentation du taux d’emploi jusqu’à 70 % en 2010, pourrait permettre à la France de réduire encore l’écart en diminuant le ratio de dépendance économique (rapport de l’ensemble de la population inoccupée - moins de 20 ans, plus de 60 ans, chômeurs - à la population des actifs occupés).

Dernière modification : 17/03/2005

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